CIRCULEZ, y a rien à voir!

ECRIT LE 10 Mai 2008 classé dans CHRONIQUES

A la même époque (1979), où Monsieur Jacques Séguela publie “Ne dites pas à ma mère que je suis dans la publicité… elle me croit pianiste dans un bordel”, Monsieur Pierre Lemmonier (Agence IMPACT - bien moins connu que le précédent), rédige “Quand la publicité est aussi un roman”. Dans le premier ouvrage, 12 années d’anecdotes croustillantes qui, n’en doutons pas, provoqueront de nombreuses vocations. Dans le second ouvrage l’auteur est plus proche du didactique par l’étude de cas, les siens, qui tendent à prouver que le métier de la publicité peut être très pragmatique et conforme à ce que l’on est en droit d’en attendre, des résultats. (Je ne dis pas que Monsieur Séguela n’a pas été capable d’obtenir de résultats - voir l’élection de François MITTERRAND en 1981 - “le coup de Jarnac”). Jacques Séguela est trop ambigu pour que l’on puisse s’intéresser de près à sa personnalité, laissons-le se battre avec les Corses pour construire sa super villa. Monsieur Pierre LEMONNIER n’est plus de ce monde mais je porte en moi ses leçons de communication qu’il tenait en partie lui-même de David OGILVY. Ce qui me rendait dingue dans les annonces de LEMONNIER, c’était leur apparente simplicité. Une image, un slogan, un texte, une signature. Ou à peu près ça.

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Oui mais… Quelle image! L’image était avant tout la conséquence d’une réflexion très en amont, établie selon un cahiers des charges lui même préalablement testé, démonté, remonté et enfin validé. Avant l’intervention du photographe, le roughman (woman, mais y en avait pas beaucoup), tentait de traduire avec feutres et crayons la pensée du concepteur. Ce document constituait la référence avec laquelle toute une équipe allait travailler. Le photographe venait alors rejoindre le staff avec ses troupes. Je vous dis pas ce que ça coûtait! Dans les meilleures moments: directeur de clientèle, chef de publicité, directeur de création, concepteur, directeur artistique, photographe (s), assistants, stylistes, coiffeurs, maquilleuses, mannequins, etc. Sans compter le décor si besoin était. Mais ça c’était il y a… Au siècle dernier, années 80. Heureusement les temps ont changé. Malheureusement ils nous ont également changés.

 

Arrive la micro-informatique, la PAO, la Pomme, le copier-coller et Photoshop. On passe du biplan au supersonique. La micro, quelques courtes années plus tard, engendre l’univers du “tout numérique”. Dans chaque chaumière désormais l’on numérise, shoote, imprime, blogue, parfois à tort et souvent de travers, mais on fait marcher le commerce. (Votre premier poste de télé c’était quand?). Quant aux images dont je parlais plus haut, on ne les fait plus, on les achète. Pas cher. Mauvais mais pas cher. En tout cas jamais pertinentes. On ne fait pas l’image en fonction du concept mais de plus en plus le concept en fonction de l’image. Tout le monde le sait mais que faire? On est au plancher. Vous avez des idées, vous? Nous ne devons pas vraiment être dans la bonne direction. Un autre publicitaire célèbre disait “La publicité c’est faire la différence”. La cuisine que l’on peut servir aux annonceurs et par voie de conséquence aux consommateurs ou aux professionnels, c’est de la “fast-food”.

Il nous arrive de fabriquer une image sur mesure. De temps à autre. A quel prix? Je crois que nous sommes tous devenus très forts. Plus vite, moins cher et plus pertinent. Bien sur que le numérique y est pour quelque chose. Et moi et moi et moi ?

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Miss JIPAIGUE et Mister TIFFE

ECRIT LE 9 Mai 2008 classé dans CHRONIQUES

Attention ces lignes ne remplacent en rien un cours d’informatique. Il s’agit tout au plus d’ accorder plus de sollicitude à nos nerfs éprouvés et regagner un peu de sérénité grâce à un langage commun. De quoi parle-t-on ici ? Des fameux formats de fichiers que l’on s’échange et dont on ne peut rien faire sans appeler à l’aide le copain qui lui a l’habitude vu qu’il a une super machine et qu’il fait son blog lui même sur le net.  Prenons les choses dans l’ordre, c’est un peu didactique mais cela semble nécessaire. Nous parlerons délibérément des images, notre quotidien, parfois notre angoisse. L’informatique a permis ce miracle de numériser l’image, que ce soit un document opaque (un tirage papier par exemple - une photo souvenir de la tante Irma aux bains de mer à Trouville, inoubliable!), ou un document transparent, une diapositive, pour les pros, un “ekta”, il en existe de toutes tailles. ..  

Numériser, c’est à dire traduire en petits morceaux et différentes couches de couleurs les documents cités plus haut.

Les petits morceaux se nomment des pixels et déjà là commencent les malentendus. Certains amateurs parlent de résolution et mélangent en toute bonne foi, résolution d’imprimante, résolution d’écran, résolution d’impression, etc. Une image numérisée passe par un engin au nom barbare, le scanner. Le scanner qui est particulièrement intelligent, surtout s’il est bien réglé transforme le document en milliers, millions de pixels. Au centimètre carré on en met plein. Pour faire snob on ne mesure pas au centimètre carré mais au pouce carré: exemple 72 ppi. Ce qui veut simplement dire 72 pixels par inche (le fameux pouce). 72 points par inche est la quantité de points suffisante et nécessaire pour une résolution correcte sur un écran et pour une impression sur votre belle imprimante. Une image de 17 cm x 23 cm avec cette résolution “pèse” moins d’un mega. Avec un tel poids ça se transporte aisément même avec une connection internet de très moyen débit.

Jusque là tout se passe bien mais quand on enregistre l’image, soit le scanneur soit l’amateur, ça se complique. Il y a toujours un message idiot qui vous demande à ce moment précis si vous êtes bien certain de ce que vous faites et dans quel format vous désirez l’enregistrer. Ben cette bonne blague, dans mon format 17 cm x 23 cm. Non, vous n’avez pas compris, dans ce cas le format c’est au choix: TIFF, EPS, JPEG, PHOTOSHOP (il y en a une demi-douzaine), PIXAR, BMP, TARGA et j’en passe. Bon alors, je fais quoi, moi ?

Pour transporter l’image, vu le prix du transport aujourd’hui, mieux vaut que le colis soit léger. Donc on allège. On dit compresser, ce qui n’est pas très juste, les voitures compressées par le célèbre artiste César pesaient encore un sacré poids quand la machine les avaient réduites en petits paquets (paquets artistiques). 

Donc, soit on enlève des informations jugées inutiles (c’est le cas pour la lecture sur un site Internet), soit on emploie une méthode qui consiste en gros à nommer une information redondante du même code plutôt que d’un code différent: la mer est bleu, uniformément bleu, la surface peut à certains endroits être constituée de 8743 pixels identiques, mais manque de chance numérotés (codifiés), de 0001 à 8743. Puisqu’il s’agit rigoureusement du même bleu, un numéro suffira, le 0001 et paf ! Là on compresse réellement mais à l’arrivée il faudra décompresser pour restituer à l’identique.

Le format JPEG, par exemple, compresse. Il n’est donc pas très indiqué de le re-compresser. En résumé de cette première partie, les images peuvent être “allégées” pour des raisons de place et/ou de transport avec le risque de perte d’informations selon les méthodes employées. Perte d’informations = perte de qualité, élémentaire mon cher Watson. 

Image correcte en résolutionrésolution correcte

 

 

 

 

 

 

 

 

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 En général il faut nous alimenter en images très lourdes, c’est à dire dans des formats de fichiers non-compressés, TIFF par exemple. La qualité est alors maximale et nous pouvons travailler les données de telle sorte qu’une impression sur papier puisse donner les meilleures résultats. A savoir que ce qui est valable pour l’image l’est également pour le son (Voir les fichiers, Wave, mp4, etc.).

Une image numérisée possède une taille: longueur x largeur qui se mesure en mm ou en cm ou encore en pixels. Elle possède également un poids (le poids dépend de la taille et de la résolution), qui se mesure en octets. Enfin elle est enregistrable en différents formats de fichiers (voir plus haut). 

Exemple: une image de format A4 (21 x 29,7 cm) pèse en TIFF; 34,2 Mo, en JPG; 11,2 Mo, en GIF; 1,4 Mo. pour une résolution de 300 pixels par pouce y compris en GIF, ce qui est parfaitement inutile puisque la résolution écran est suffisante à 72 pixels.

Ce petit aperçu n’est pas exhaustif, loin s’en faut. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’en bref, si nos interlocuteurs ne maîtrisent pas parfaitement cet univers, il est alors préférable de nous interroger avant de nous envoyer quoi que ce soit. 

La caravane passe…

ECRIT LE 9 Mar 2008 classé dans REPORTAGES

 

“Je trouve que la Corse ce serait bien sans les corses…”. L’ Alsace aussi d’ailleurs. Pas sans les corses, sans les alsaciens. On a été faire des productions sur l’île. Quels souvenirs ! Bien sur c’est parfois aussi compliqué que de travailler au cœur de l’Afrique, mais on a rien sans rien. caravane_technique.jpgPhotographier des caravanes, quelle idée, mais quel fond de décor ! La Corse c’est mieux que les Marquises. Si ! Le Paradis doit ressembler à ça: de l’eau bleue et douce, des montagnes enneigées, des forêts qui dégoulinent le long des pentes de rochers rouges ou gris, des torrents impétueux, une plaine, et un peuple fier (ça c’est le cliché), plutôt un département français insulaire et resté encore authentique peut-être à cause de son insularité, et certainement du caractère de ses habitants.

 

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Le politiquement correct tue le caractère, là-bas les cochons vont et viennent en liberté. La Corse c’est sauvage ou rien.Tiens, prenez le Lubéron. 30 ans en arrière, des brebis, quelques hectares de vignes des autochtones tranquilles, un peu de lavandin et trois anglais en mal d’exotisme retirés dans quelque mas sur les hauteurs du Vaucluse. Aujourd’hui l’anglais décuplé écrit des romans à succès, signe son huile d’olives, arrose copieusement son gazon au plus fort de l’été. L’autochtone, lui, a perdu son identité, est devenu l’étrange étranger sur son propre territoire.

Pas cons les Corses. Et ne dites pas s’il vous plaît que toutes les villas des “pinsuts” sautent sur le gaz à toute heure de la journée ou de la nuit. Vous êtes-vous déjà baigné dans une décharge flottante de détritus, de “classe”, certes, mais quand même. Qui dé-gaz ? Et s’éloigne le “promène-couillons” de plus de 20 mètres, blanc sur la mer turquoise, le deck chargé de fesses brunes grasses et parfumées de crèmes solaires…

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Around the Web

ECRIT LE 29 Fév 2008 classé dans WEB

Le voyeurisme du Web n’a d’égal que l’exhibitionnisme qu’il provoque. Mais on peut quand même en faire quelque chose. De bien. La preuve c’est qu’aujourd’hui 1er mars INFRA vient de “relouker” son site après un petit mois de travaux. Nous, on le trouve plutôt pas mal, mais il risque d’être modifié selon les critiques que certains pourraient lui apporter. Ne dites jamais ” Il n’a rien compris” mais songez plutôt à savoir si vous vous êtes bien expliqué.“La tentation est grande d’ouvrir la rubrique Web avec un titre du genre: le Web pour les Nuls… Mais ce serait un raccourci dangereux. Non, partons du principe que chacun sait deux ou trois choses sur ce sujet. Le pire c’est plutôt ceux qui ne savent rien mais prétendent tout savoir. Un proverbe sympa qui illustre bien notre pensée, proverbe chinois bien sur : “Quand le sage montre la lune le sot regarde le doigt”.

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Tout va bien… Coup de gueule pour la mise en bouche.

ECRIT LE 27 Fév 2008 classé dans CHRONIQUES

Ce matin, à l’aube j’apprends que la banquise va disparaître. Pas de pessimisme outrancier, il paraîtrait même que ça peut arranger nos affaires puisque grâce à ce phénomène nous allons pouvoir pomper tranquillement ce qui reste de gaz et de pétrole, circuler enfin plus vite et librement, pêcher comme des phoques ce qui reste à pêcher de poissons sur la planète. Comme dit mon petit fils la bouche pleine de purée lyophilisée et de poisson carré: “Elle est pas belle la vie?”. Bon, pourquoi je vous raconte ça? Ah, oui, et bien parce que ce blog se veut quand même résolument optimiste et que son rôle est d’échanger ensemble idées et solutions (durables bien entendu), qui pourraient nous apporter juste ce qu’il faut pour nous dégager un peu de temps pour le reste. Le reste? Si vous ne voyez pas, c’est que pour vous tout est déjà foutu. Bien, parlons images pour cette entrée en matière. Notre métier “de base” comme l’on dit aujourd’hui, ce qui signifierait que l’on a réussi à s’en sortir, c’est quand même la photo ou la photographie pour ceux qui ont encore connu le papier baryté. Donc, nous sommes avant tout des gens à culture d’images. Comme nous sommes également immergés dans une période d’images (comme on dit période glaciaire ou période bleue…), il n’y a qu’un petit pas à franchir pour imaginer que nos cerveaux sont du type mono neurone. Et bien pas du tout. Il nous arrive même de réfléchir avant d’agir. Là où nous opérons, l’image n’est plus innocente. Elle se charge de sens et doit véhiculer un message précis dans le but de vendre. Oui, nous participons à l’édification de l’ère consumériste. Bien qu’elle soit déjà érigée. Evacuons le chapitre imprégné de l’encens judéochrétien qui nous parfume de la tête aux pieds d’essence de culpabilité poivrée. Vous êtes ici sur le site d’une entreprise vouée à faire des profits pour que ses collaborateurs (et moi-même), puissent faire de jolis enfants, remplir le caddie de beaux et généreux cadeaux et que de façon générale nous puissions tenter de survivre dans ce monde de bruts. Rien n’empêche de tendre la main à l”autre”, de jeter son mouchoir en papier dans la poubelle-prévue-à-cet-effet, d’éplucher de vraies pommes de terre pour la purée ou de reverser ses dividendes à une une ONG. Rien n’empêche non plus de se plaquer les artères de cholestérol en se gavant de grosse tartines beurrées. Ça s’appelle la démocratie. moi je préfère la liberté, elle est individuelle. Donc, le chapitre est clos, on bosse. 

L’aventure c’est l’aventure

ECRIT LE 22 Fév 2008 classé dans REPORTAGES

Le reportage, tel que décrit dans les manuels les plus anciens, rend compte de joyeuses virées et de nonchalants palabres sous les étoiles lors d’observations dilettantes et approximatives. D’abord, le reportage c’est dehors, out. Donc plus dedans. Ça paraît bête à dire mais ça veut tout dire. On sort de ses quatre murs et on va prendre l’air. Des vacances en quelque sorte. En réalité le reportage, quand il est exercé avec tout l’art et la manière qui sont dus à son rang, constitue un véritable parcours commando. Tout d’abord il y a le briefing matinal avant le parachutage. Les hommes, rassemblés autour de l’officier supérieur bardé de médailles et de décorations en tous genres, le teint blafard de leurs raids précédents, mal rasés, endormis mais néanmoins attentifs, rassemblent l’énergie de leur jeunesse dans une solidarité fédérée par l’importance capitale de leur mission.

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Il faut faire les valises et rassembler le matériel en fonction du sujet à bombarder. Et il en faut. Même avec le numérique. La seule chose dont on peut se passer c’est la pellicule. On la remplace seulement par des ordinateurs et des disques durs. mais les ordinateurs sont portables. Posez la question autour de vous à propos de ce qu’on appelle portable, de préférence dans un TGV, là où l’on rencontre le mutant accompagné de sa valise à roulettes, de ses PDA et mobile dernier cri, sans oublier La Tribune sous le bras, éventuellement l’Ipod dans les oreilles. Portables? Vous savez combien ça pèse ces trucs?

Le reportage c’est le reporter. Années 60, baroudeur ou paparazzi, il court sous les bombes ou se trouve écrasé dans la foule des fans d’une pétroleuse italienne. Nous préférerons donc le terme de production à celui de reportage. Peut-être plus apparenté au monde du cinématographe (comme disait R.Bresson), mais plus en rapport avec l’énergie, les hommes et le matériel impliqués dans l’objectif. Bon c’est pas tout ça, mais moi je décolle dans une heure, ciao!

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